PlayStation VR : Everest VR le test de VR4player

PlayStation VR : Everest VR le test de VR4player

9 octobre 2017 3 Par Marc Spiquel

Everest VR de chez Solfar Studios dernièrement sorti sur PlayStation VR a pour ambition de nous faire vivre, de l’intérieur, une expédition nous emmenant au sommet de l’Everest à 8848 mètres en partant d’un camp situé un peu plus bas.

Une belle aventure sur le papier, mais qu’en est-il dans la réalité virtuelle des pentes glacées ?

Everest VR sur PlayStation VR

Prêt à grimper debout, avec les PS Moves le sommet de l’Everest VR ?

Après un bref calibrage, le jeu nous présente la chaîne de l’Everest sous la forme d’une carte posée sur du fil de fer et sur laquelle figurent 5 points vers lesquels nous allons pouvoir nous téléporter afin de vivre chacune des 5 étapes correspondantes.

La première étape consiste en un campement (départ de toute expédition), les autres étapes étant celles de l’aventure proprement dite avec divers objectifs à accomplir comme des passerelles à traverser, des pentes et parfois des mûrs à escalader. Autant le dire tout-de-suite, compte-tenu des objets à attraper et des différents points sur lesquels il sera nécessaire de se fixer, jouer à la manette s’avérerait vite être un calvaire tant la maniabilité a été pensée pour d’autres accessoires à détection de mouvement. Les PS Moves sont ainsi bien plus pratiques, et même si la précision n’est pas le point fort d’Everest VR, ceux-ci offrent un minimum de cohérence dans les mouvements que nous sommes amenés à effectuer par suite, la cohérence imposant aussi de jouer en position debout.

Everest VR sur PlayStation VR

Une liberté très encadrée !

Dans Everest VR, nos premiers mouvements sont effectués au camp de base et ils consistent à choisir son équipement, pour lequel il faut le dire il n’y a guère de choix, puisqu’il s’agit seulement de ramasser les quelques accessoires présents (chaussures à pointes, pics à glace, nourriture). Dès ce campement on comprend le double principe qui va régir les quatre autres étapes jusqu’au sommet : l’environnement est statique (même les autres alpinistes sur place sont quasiment immobiles) et les déplacements sont très limités puisqu’ils consistent en une téléportation vers un point très proche à condition que ce point précis soit l’un des rares ayant été prévu à cet effet par les développeurs. Notre liberté est ainsi toujours entravée depuis le campement et durant l’ascension vers le sommet.

Autre choix contestable de la part des développeurs : la rotation de la caméra ne peut être qu’angulaire, ce qui réduit encore l’immersion pourtant nécessaire à ce type d’expérience.

 

Everest VR : Jeu ou expérience ?

Nous sommes bien en présence d’un jeu ultra-dirigiste. Mais s’agit-il vraiment d’un jeu ?

La question mérite d’être posée puisque le Playstation Store fait figurer le titre à la fois dans la section des jeux et celle des expériences. La réponse m’est apparue définitivement dès le début de la montée vers les cimes. En guise d’action, on nous demande d’attraper la rampe d’une passerelle, puis une échelle avec nos mains et de répéter l’alternance des mouvements un dizaine de fois. On a vu plus ludique d’autant que, faute de précision, la saisie de tout élément extérieur est souvent un casse-tête.

Un titre trop court, doté d’un environnement peu immersif et d’une action répétitive !

Les étapes s’enchaînent sur ces fondements, le peu de « jouabilité » restant approximative et répétitive qu’il s’agisse d’utiliser des pics, ou d’attraper des crochets. Je décerne une mention spéciale au mur de glace tellement répétitif qu’il permet de trouver trop long un titre qui est, dans son ensemble, bien trop court. En effet, l’aventure ne dure qu’une vingtaine de minutes, bugs inclus. Car non seulement certains éléments nécessaires à notre progression peuvent être très difficiles à attraper, mais il arrive aussi que l’on se retrouve brusquement à un point inférieur après avoir fini d’escalader une pente. Il faut donc tout recommencer.

Everest VR sur PlayStation VR

Un environnement perfectible, comme le rapport qualité/prix.

Mais malgré tous ces défauts, cette courte aventure vaut-elle la peine d’être vécue grâce à son environnement original ?

L’aspect graphique, très moyen, ne rattrape pas vraiment l’ensemble même si le coucher de soleil et le ciel étoilé au sommet méritent un coup d’œil mais nous avons toujours affaire à de simples photos.

Par ailleurs, les vidéos qui défilent lors des temps de chargement se ressemblent beaucoup trop et sont accompagnées d’une narration banale, voire de citations hors de leur contexte, et en anglais uniquement.

La bande son est très discrète, on entend certes le vent mais sans en ressentir vraiment le caractère glacial, et nous n’avons droit en fait qu’à peu de bruitages et à des silences entrecoupés de quelques dialogues des autres membres de la cordée.

Quant aux sensations, alors que l’on s’attend à ressentir la hauteur, le vide et le vertige inhérent aux sommets, il n’en est jamais rien tant la profondeur de champ est faible quelle que soit l’étape de l’aventure.

Du coup, le mode « God », qui permet en théorie de se promener librement sur l’Everest en choisissant la taille de son personnage (entre l’humain et le géant) n’a aucun intérêt car il souffre exactement des mêmes défauts.

Le rapport qualité/prix (15€) s’avère insuffisant, surtout en regard de la durée de vie et manque singulièrement de relief.

Bâti sur une bonne idée, Everest VR gagnerait, je pense, à laisser le joueur se déplacer librement au moins sur une partie des étapes et à offrir un environnement moins figé et des actions plus variées.

Everest VR sur PlayStation VR
Everest VR sur PlayStation VR
Le Test de VR4player
La Note VR4player3
Note des lecteurs10 Notes3.8
3
/ 10
Conclusion
Cette expérience manque à mon goût de contenu, de variété, d'interactions, de liberté et contient de trop nombreux bugs pour que l'on puisse en profiter pleinement ou que l'on se sente faire partie de l'expédition. Les quelques images que l'on pourrait savourer au sommet de l'Everest, laissent finalement un goût amer, la faute à l'absence d'un véritable challenge dans ce titre trop court.