PlayStation VR : The Great C, Preview et Interview avant la sortie PSVR

PlayStation VR : The Great C, Preview et Interview avant la sortie PSVR

22 octobre 2018 0 Par Sei
The Great C VR4player.fr

Secret Location, Studio canadien basé à Toronto, nous propose sa vision en VR de la nouvelle avant-gardiste : The Great C. Il s’agit d’un moyen métrage en temps réel d’une petite quarantaine de minutes disponible sur les casques VR PC pour 5.99$ et courant 2019 sur nos PlayStation VR (PSVR).

The Great C est une nouvelle de Philip K Dick éditée en 1953. Je ne vous ferai pas l’affront de vous présenter cet auteur tant son travail a une influence sur la littérature de science-fiction, sur la philosophie qui en émane, sur l’industrie du cinéma ou du jeu vidéo, et ceci de près ou de loin, ou bien encore sur notre société concernant le développement des intelligences artificielles et du contrôle des données.

En substance, The Great C c’est quoi ?

Ici point de gameplay, nous restons spectateurs de cette cinématique immersive nous jetant dans un monde post apocalyptique gouverné par une intelligence artificielle toute puissante et inquisitrice. Chaque année, un homme de la tribu avoisinante doit effectuer un pèlerinage afin de poser 3 questions à la machine : si la machine bloque sur l’une de ces questions, l’homme peut retourner au village, dans le cas contraire il ne reviendra jamais. Personne n’est jamais revenu.

Si The Great C VR n’est pas une adaptation stricte de la nouvelle, il s’en inspire fortement : Nous suivons deux protagonistes, fraichement mariés qui se retrouvent à devoir faire ce voyage sans retour, toujours suivi par « the grey », le bras armé de l’IA.

Le moyen métrage de Secret Location nous embarque dans la quête de ces personnages attachants dans un monde dévasté plein de dangers. Qu’en est-il techniquement ? Si la réalité virtuelle apporte une immersion indiscutable, elle se heurte à une technique un peu faiblarde. Le tout est développé sous Unreal Engine, avec un design qui m’a fait penser à « Brothers, Tale of two sons » mais aussi le « chemin sans retour » pour l’ambiance.

Pour pallier à cette limitation technique, la mise en scène se veut plutôt inspirée et efficace. Les plans sont bien choisis et les travelings fluides comme il le faut. A noter que deux options sont disponibles : confort et normal. Le premier désactive les travelings pour privilégier des plans fixes afin d’éviter le motion sickness : bien vu. Les personnages sont très expressifs malgré un design Kawaï un peu trop appuyé (question de gout évidement, mais faire loucher les persos à ce point-là pour les rendre mignons et enfantins, pas nécessaires selon moi).

Mais peu importe tout cela, critiquer une œuvre cinématographique ne se limite pas à quelques considérations techniques. Car c’est ce qu’est The Great C : une œuvre de cinéma et non pas un jeu vidéo. C’est ce qui est perturbant d’ailleurs tant la charte graphique lorgne du côté vidéo ludique. A chaque plan on se surprend à vouloir prendre les commandes des personnages. D’autant que les jeux d’aventure narratifs ont explosé ces dernières années : Les productions TellTales (paix à leurs âmes), Quantic Dream ou encore Don’t Nod avec les magnifiques « Life is Strange » ont réussi à mélanger gameplay et velléités cinématographiques.

The Great C se laisse voir sans déplaisir mais peine un peu à justifier l’apport de la réalité virtuelle dans ce type de production. Si la démarche est tout à fait louable et inédite, le résultat peut paraitre un peu timide. Comme toutes les premières œuvres, The Great C cherche à apporter sa vision du cinéma en réalité virtuelle en oubliant que ce média est capable de transcender le spectateur et à le pouvoir de l’impliquer dans la narration. Pas activement comme dans un jeu mais en l’invitant à voir ce qui sort du cadre prévu par la mise en scène. Ici, rien ne nous invite à regarde en dehors de ce cadre : tout se passe devant nous, ce qui est autour est statique ou sans grand intérêt.

The Great C est une œuvre innovante, jeune et malhabile mais propose tout de même au spectateur d’entrevoir ce que peut devenir le cinéma de demain : un cinéma ou le spectateur est dans le film, faisant corps avec le monde qui l’entoure. Et cela reste rafraichissant et confiant pour la suite de la réalité virtuelle.

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Les + de VR4player.fr : L’interview de Luke Van Osch, Producteur de The Great C :

 : Il est très intéressant que vous ayez développé un film VR. Pourquoi avez-vous fait ce choix alors que le marché est encore minimaliste ?

À l’heure actuelle, il n’y a pas beaucoup de films de réalité virtuelle sur le marché et nous avons vu cela comme une occasion pour nous de combler cette lacune avec The Great C. Nous pensons que ce type d’expériences cinématographiques est tout aussi important que les jeux à part entière. Il élargit la base d’utilisateurs VR. Il offre un nouveau moyen de s’immerger dans la narration, que ce soit chez vous, dans un théâtre ou dans un centre de divertissement en réalité virtuelle, et c’est un sujet que le public cherche de plus en plus à apprécier.

 : L’adaptation d’une nouvelle de Philip K. Dick sollicite de suite notre attention. Pourquoi cette nouvelle, cet auteur et ce genre science-fiction pour votre film VR ?

Philip K. Dick (PKD) est pratiquement synonyme de science-fiction. Il est facilement l’un des auteurs les plus importants du siècle dernier. Vous pouvez voir que son influence dans la plupart de nos divertissements modernes est presque écrasante ! J’ai toujours été un fan de science-fiction et PKD est l’un des piliers du genre. J’adore ses romans et les films basés sur son travail. Ce fut un immense honneur pour nous de travailler avec l’une de ses propriétés et de créer la première adaptation VR du film The Great C.

 : Quelles sont les différences et similarités entre : créer un jeu VR et un film VR ?

Le développement de jeux et de films de réalité virtuelle a par nature des processus assez différents, mais il existe certaines similitudes, notamment lorsqu’il s’agit de s’assurer que les utilisateurs sont à l’aise pour jouer ou visionner. La réalité virtuelle peut provoquer un mal des transports important chez certaines personnes. Nous veillons donc à fournir plusieurs niveaux de confort ou d’options de contrôle pour répondre à ces différents besoins. Sur le plan technique, il existe de nombreuses similitudes entre la création de ce type de film de réalité virtuelle et un jeu de réalité virtuelle. Ils sont tous deux créés dans un moteur de jeu utilisant des flux de travail et des compétences similaires, et notre expérience dans la création de jeux nous a vraiment aidé dans la production de The Great C.

La plus grande différence provient de la structure réelle de chaque projet. Avec un jeu vidéo, nous devons nous assurer que tout est conçu dans un but précis et qui contribue à la tâche du joueur. En raison de la grande liberté de la caméra et de la perspective dans la réalité virtuelle, il est important de sensibiliser les joueurs à la manière de progresser dans le jeu. Naturellement, les films de réalité virtuelle sont une expérience beaucoup plus guidée. Une bonne partie du temps de développement est donc consacrée au bon déroulement de l’histoire et à l’engagement du téléspectateur à tout regarder. Nous avons passé beaucoup plus de temps à séquencer et à synchroniser les différents éléments du moteur de jeu pour le faire ressembler à un film.

 : Combien de personnes ont travaillé sur le projet et combien de temps ça a pris ?

La taille de l’équipe a fluctué pendant la production lorsque les membres de l’équipe ont démarré et quitté le projet, mais en moyenne, il y avait environ 12 à 14 personnes. Les phases de pré-production, de production et d’expédition ont duré un peu plus d’un an. La production de base, lorsque nous avions un plan en place et que toute l’équipe était opérationnelle, durait envirom 10 mois.

The Great C est disponible sur les casques HTC Vive et Oculus RIFT. Amateurs du genre ou curieux en tous genres, ne vous inquiétez pas, l’oeuvre arrivera courant 2019 sur PSVR. Allumette ne se sentira plus seule.