The Inpatient sur Playstation VR va-t-il vraiment nous rendre fous ? Notre test review

The Inpatient sur Playstation VR va-t-il vraiment nous rendre fous ? Notre test review

29 janvier 2018 22 Par Marc Spiquel

Partagez nos articles !

The Inpatient sur PlayStation VR

The Inpatient était un titre attendu par la communauté PlayStation VR. De nombreux tests ont été publiés le jour de sa sortie officielle le 23 Janvier 2018 aux USA et le 24 janvier en Europe. Certains même se sont permis de violer l’embargo imposé par Sony pour sortir des let’s play le 19 Janvier. Nous avons pris un peu de recul sur le jeu et avons décidé de nous intéresser sur le point fort annoncé de The Inpatient, à savoir le fameux effet papillon grâce auquel il sera possible de recommencer le jeu en écrivant une fin et un déroulement différent en fonction de nos choix. Nous avons donc décidé de nous y mettre à 4 testeurs et de faire chacun notre propre parcours pour les comparer entre eux à la fin. Le titre d’aventure/horreur développé par Supermassive Games a reçu un avis mitigé, après l’excellent accueil de Until Dawn, Rush of Blood. The Inpatient vaut-il le coût de s’y attarder ? Nous vous présentons aujourd’hui nos avis et notre test.

Ce titre a suscité une forte attente chez un grand nombre de joueurs en réalité virtuelle, parce qu’il est le troisième volet de la série Until Dawn, constitué du titre éponyme sorti en 2015 et de Until Dawn : Rush of Blood qui a vu les premiers pas de nombre d’entre nous en réalité virtuelle dans un rail-shooter bien réalisé et très immersif.

The Inpatient, qui est un préquel de Until Dawn premier du nom, est-il à la hauteur de ses illustres prédécesseurs ? L’heure du verdict est enfin venue, et les avis sont partagés.

L’interface de jeu : de si belles promesses

Au lancement de The Inpatient, nous sommes face à un menu suspendu sous forme de cadres situés dans l’entrée d’une grande demeure, le sanatorium de Blackwood. L’identité visuelle rappelle d’emblée forcément quelque chose aux habitués et une musique des années cinquante nous met dans l’ambiance tandis que nous découvrons, outre la possibilité de commencer notre partie, la possibilité de consulter, plus tard, des souvenirs et un mystérieux cadre appelé effet papillon qui se veut être la clef de voûte du jeu.

Le menu est en français, comme les textes écrits que nous trouverons dans le jeu et surtout l’intégralité des dialogues, très nombreux dans The Inpatient.

The Inpatient, un gameplay mitigé …

The Inpatient se joue au choix à la manette Dualshock ou avec les PS Move, plus immersifs pour gérer les déplacements. On choisit sa direction à l’aide du PS Move de droite et on avance alors avec la touche move du PS Move de gauche. C’est inhabituel et souvent pas pratique, mais on finit par s’y habituer. Pour saisir des objets, on utilise la gâchette, ce qui est classique, mais la saisie s’avère souvent délicate tant les mouvements manquent de précision, notamment pour attraper une poignée de porte.

Dans l’ensemble, on a davantage l’impression de donner l’ordre à son enveloppe corporelle de se mouvoir que de l’incarner véritablement. Et les déplacements, qui n’ont lieu que dans la deuxième moitié du jeu sont très lents. Quel dommage, car cet aspect négatif nuit à l’immersion.

En revanche, le point positif et novateur qui est mis ici au service du gameplay est la reconnaissance vocale. Dès le début de notre aventure, et tout le long du jeu, des questions nous sont posées par nos interlocuteurs, et des phrases sont à notre disposition dans chaque dialogue, à chaque fois au nombre de deux uniquement. On peut choisir sa réplique en la sélectionnant de façon classique, mais surtout en la prononçant, et en la jouant, à haute voix. Voilà de quoi surprendre un entourage non initié, mais cela permet surtout de renforcer le sentiment de faire partie de l’histoire qui nous est proposée, d’autant que la reconnaissance vocale fonctionne généralement très bien.

Le problème est que le principe de l’effet papillon, aussi louable soit-il, est le fil conducteur du jeu. Autrement dit, nous sommes dans un titre comportant très peu d’action à effectuer, The Inpatient est presque exclusivement narratif, un peu à ma manière d’un Heavy Rain ou Detroit Become Human de Quantic Dream, et donc frustrant si l’on s’attend à un jeu plutôt qu’un récit. The Inpatient est très déséquilibré, au détriment de l’interaction avec l’environnement, ce qui est un comble pour un titre qui souhaite mettre en avant  “l’effet papillon”.

Un scénario modulable … vraiment ?

Le scénario de The Inpatient est simple et mystérieux puisque nous incarnons un personnage amnésique, qui ne sait rien de lui-même, ni de l’endroit où il se trouve.

Nous allons devoir retrouver qui nous sommes et cela se fera par des apparitions, des flash-back qui se déclencheront à certains endroits précis ou en touchant certains objets.

Le scénario se dévoile ainsi par petits à-coups et au fil de longs dialogues auxquels nous prenons part avec cette fameuse alternative récurrente : L’effet papillon, c’est-à-dire le fait que les choix du joueur modifient le déroulement de la partie par leurs décisions ou leurs réponses. Le fait qu’il y existe une multitude de cheminements possibles jusqu’à son issue est une bonne idée, porteuse d’un scénario prometteur et d’une bonne re-jouabilité.

Le problème est que les décisions ne modifient la suite de l’aventure qu’à la marge, c’est-à-dire que l’on a le sentiment que quel que soit notre comportement, le jeu reprend son cours sans que le contenu en ait été véritablement affecté par nos décisions. Et même si des modifications sont possibles, il nous faudra refaire une nouvelle partie en intégralité pour tenter des réponses opposées à la partie précédente, ce qui n’est pas encourageant compte tenu des longueurs de certains dialogues. Seule la séquence finale peut être rejouée sans tout recommencer et il est vrai que l’on peut changer un peu l’issue, et surtout le nombre de survivants.

Il aurait été judicieux que l’item “effet papillon” proposé dans le menu nous présente une ramification des décisions prises et qu’une fois le jeu terminé, nous puissions repartir d’un point de reprise au choix. Or, il se borne à nous faire une synthèse d’une poignée de points-clés que nous avons accomplis.

Au bout du compte, les promesses ne sont pas vraiment tenues sur le déroulement des scénarios prétendument multiples.

Des graphismes en adéquation avec l’environnement

Les graphismes de The Inpatient sont assez beaux et nous replongent vite dans l’environnement de Until Dawn, dont les évènements se déroulent au même endroit mais 60 années plus tôt. Les effets de lumières sont jolis.

On retrouve cet aspect vieillot (nous sommes plongés en janvier 1952) qui correspond bien au titre, et les graphismes, naturellement assez sombres, sont assez fins bien qu’il comportent parfois un peu d’aliasing. Les personnages sont bien faits, mais inégaux, certains étant nettement plus expressifs que d’autres, et on en ressent souvent les ambiguïtés.

On regrette cependant certaines limites dans l’animation de notre personnage et notamment quelques collisions approximatives à proximité des murs ou des portes, surtout avec la lampe torche.

Nos bras paraissent parfois aussi un peu mous et caoutchouteux, et les proportions de notre corps sont peu réalistes.

La bande son nous met dans l’ambiance

Les aspects sonores de The Inpatient se composent de musiques des années 50 que l’on entend parfois en écho dans certains couloirs, d’effets sonores classiques lors des quelques phases d’angoisses et de jump scares, peu nombreux, et surtout des voix des acteurs pour les dialogues. Globalement, ceux-ci sont bien interprétés et cela donne envie d’en savoir plus.

La bande sonore de The Inpatient est globalement réussie et participe efficacement à l’ambiance et au sentiment d’isolement.

Conclusion

Nous attendions beaucoup de The Inpatient et l’environnement, tant d’un point de vue graphique que sonore, et surtout les dialogues à reconnaissance vocale, sont un gros point fort du jeu.

Mais la déception que nous avons ressenti en jouant à The Inpatient vient du manque flagrant d’action, de la lenteur des déplacements et aux dialogues interminables qui donnent l’impression, pendant la première moitié du jeu, de n’en avoir parcouru que l’introduction. Le jeu est globalement court, environ 3 heures, et l’envie de rejouer risque de ne pas être assez forte pour découvrir les conséquences de décisions différentes, ce qui altère fortement la promesse de l’effet papillon.

Avec un potentiel de ce calibre, lié aux succès mérités des deux premiers volets, nous avions envie d’aimer The Inpatient, peut-être trop, et le résultat est en deçà de nos attentes parce qu’il s’apparente davantage à un film interactif qu’à un jeu. Sans être vraiment mauvais, The Inpatient ne nous fait finalement que très peu ressentir la peur, et la curiosité finit par s’estomper au profit d’une forme de frustration.

The Inpatient nous laisse un peu sur notre faim.

L’avis de Laurent

Ayant particulièrement bien apprécié Until Dawn Rush of blood ainsi que des jeux qui se rapprochent plus de films interactifs comme Heavy Rain de Quantic Dream, j’ai démarré The Inpatient sans aucun a priori et en évitant de lire tous les tests déjà sortis. La partie qui m’intéressait dans ce titre était clairement ce fameux effet papillon. De ce côté-là, on ne peut pas dire que le jeu déçoive car en effet, vous obtiendrez une fin différente en fonction de vos choix.

Le gros point faible de The Inpatient réside dans sa mise en scène.  Une première partie où l’on se lance dans l’écoute de dialogues longs et sans intérêts et ne servant pas nécessairement l’histoire. Puis une seconde partie dans des couloirs interminables où notre personnage avancera à la vitesse d’un marcheur de The Walking Dead sous sédatif (même poursuivi par un xénomorphe). On se demande parfois si les développeurs ne jouent pas la montre, conscients que le titre ne dure pas suffisamment longtemps … Le jeu aurait pu proposer un petit niveau en Rail Shooter ou un face-à-face impressionnant avec un des mutants mineurs (à la manière de Ripley dans Aliens) pour briser cette monotonie. On se contente d’écouter les autres personnages, de les suivre sans jamais vraiment être confronté à une menace “impressionnante”. C’est cette monotonie qui selon moi ne donne pas envie d’y retourner, même si l’on sait que l’on peut changer le cours de l’histoire …

Le jeu est plutôt beau, bien que très sombre par moment. On se casse littéralement le poignet pour essayer d’éclairer une zone de la pièce. L’ambiance sonore et plutôt bien fichue. Mais je ne pense pas que The inpatient puisse justifier un prix de vente de 40€ … À 20€ pourquoi pas !

L’avis de Sylion

The Inpatient est pour moi un cas : je ne vais pas y aller par quatre chemins et je vais vous donner mon avis, pour le coup VRAIMENT sans concession : je n’ai pas du tout aimé. The Inpatient n’est pas un jeu, c’est une histoire ennuyeuse à vivre en VR, à deux à l’heure. Et pourtant le “jeu” ne dure que deux heures ! A ce prix-là (40 euros), on peut trouver bien meilleure trilogie en Blu-ray … Comment Supermassive Games a-t’il réussi à se fourvoyer à ce point et à nous faire bailler en deux heures de temps ? Les déplacements sont ratés (hyper lents, sans possibilité de reculer), les mises en scène sont bâclées, même les animations sont hachées, les dialogues inintéressants, les choix binaires restent hasardeux (on ne peut pas anticiper leurs effets) et surtout, on n’a jamais peur ! Comment oublier le B.A.BA du titre d’horreur ? Il ne suffit pas de claquer des portes, de balancer subitement des gros sons 3D, de mettre un filtre vert et de saturer le jeu de flash-backs pour nous effrayer ! Il faut une menace, une vraie, quelque chose qui nous maintient en alerte pour susciter la peur. Là, rien, pas de risque de mourir, pas de menace, on avance tranquillement sans aucune crainte… Restent quand même des prouesses techniques qui sauvent le titre de la débâcle totale : outre la reconnaissance vocale (limitée à deux choix seulement), l’interaction avec le décor est du jamais-vu sur PSVR : nos mains s’arrêtent aux murs, tâtent le terrain : génial. Mais tentez de faire pareil avec votre casque contre une porte et là : écran noir ! Essayez de toucher un personnage : mission impossible (pour éviter les mains aux fesses sans aucun doute). Essayez de saisir votre plateau-repas, cela ne fonctionne pas à tous les moments ! Mangez votre sandwich, vous ne pourrez qu’en prendre une bouchée ! Ouvrez les robinets, vous ne pourrez pas passer vos mains sous les gouttes ! Vous pourrez saisir des bidons mais pas des paquets de détergent ou du PQ …

The Inpatient est un grand petit jeu malade, de la confiture aux cochons, de bonnes idées jamais abouties et réussit la performance de nous ennuyer profondément en deux heures. Mon premier viol en VR. Ma note : 4/10 (uniquement pour la technique).

The Inpatient - Trailer de lancement

The Inpatient - 1 minute de Gameplay

L'avis de VR4player.fr
Test réalisé sur PlayStation 4 Pro
Gameplay5
Graphismes8
Scénario4
Re jouabilité3
Bande son7
Ratio prix/durée de vie3
Immersion5
Note des lecteurs6 Notes6.3
Les plus
Les graphismes
Les dialogues à reconnaissance vocale
Les moins
Des dialogues trop longs
Très peu d’action
Très court (2h30-3h00)
Un effet papillon peu convaincant
Le prix !
La lenteur des déplacements
5

Partagez nos articles !