PS4, PS4 PRO : OBSERVER, le jeu cybernétique par excellence de l’univers PlayStation

PS4, PS4 PRO : OBSERVER, le jeu cybernétique par excellence de l’univers PlayStation

4 février 2018 0 Par Sei
OBSERVER

>OBSERVER_ est un jeu sorti sur PlayStation 4, Xbox one et PC le 15 aout 2017. Le jeu est développé par Bloober Team, studio polonais déjà responsable de l’excellent Layers of Fear. Pour OBSERVER, il s’agit d’un jeu d’enquête  vue à la première personne, un FPS sans le « S » car aucun coup de feu ne sera tiré durant l’aventure. Ce n’est pas pour autant que la balade sera champêtre et sans heurts… loin de là… loin de là…

Les menus et l’interface d’OBSERVER : PipBoy Glitché !

OBSERVER

OBSERVER est en anglais, intégralement sous-titré en français. Il se joue à la manette comme tout bon FPS. L’interface est bien entendu traduite en français et nous y aurons accès en appuyant sur triangle. Nous aurons alors la liste des missions et l’état de santé mentale de Dan (que nous pourrons rebooster à grand coup de médocs en appuyant sur carré).

Le scénario : Glitch Runner

Plantons le décor : Nous sommes en 2084 à Cracovie en Pologne. Dans cette ville rongée par la « peste digitale », résultante de la guerre et transmise par la prise de drogues, l’atmosphère y est crasseuse, humide, ultra sécuritaire, aliénante, malsaine et liberticide.  La multinationale Chiron s’assure que tout reste sous contrôle, la maladie comme les esprits. Les implants cybernétiques et autres augmentation sont monnaie courante chez les citoyens et seuls quelques « immaculés » préfèrent rester « sans ferraille ajoutée », mis au ban et traités de parias.

C’est dans cette atmosphère de cauchemar que nous incarnons Daniel Lazarski, un vieux détective aussi appelé OBSERVER qui, aidé de son «  mangeur de rêves » pourra s’infiltrer dans l’esprit souvent tourmenté des victimes qui  parsèmeront son enquête. Si Dan vous dit quelque chose, c’est que vous l’avez déjà certainement croisé en slip avec une colombe dans la main : en effet le personnage prend les traits et est interprété par Rutger Hauer, l’inoubliable Roy Batty, androïde doté de conscience dans Blade Runner. Ce clin d’œil appuyé n’est pas anodin tant OBSERVER empreinte son ambiance, ces thèmes et ces réflexions à l’œuvre de Ridley Scott (lui-même inspiré de Philip K. Dick).

Lorsqu’il prend connaissance de sa nouvelle mission, il est interpelé par son fils sur une ligne cryptée. Cela fait des années qu’ils ne se sont pas vus, les choses ayant mal tourné entre eux. Adam a donc besoin de l’aide de son père et termine sa conversation par cette phrase que vous devrez garder en tête : « Rappelle toi que tu ne contrôles rien ».

L’enquête se déroule dans un immeuble de catégorie C où se retrouve la classe la plus basse, la lie de cette société dégénérée. Apres avoir trouvé la première victime qui pourrait être son fils (?) Dan se retrouve coincé dans ce bâtiment : une alerte système bloque toutes sorties et communications vers l’extérieur, le seul moyen d’en sortir est de découvrir la nature de cette alerte, d’interroger les habitants et de rentrer dans les esprits dérangés que vous croiserez. Malgré les nombreux dialogues que vous aurez, vous vous sentirez bien seul, la plupart des contacts se feront en porte à porte à travers des interfaces de communication qui ne vous laisserons que deviner la personne avec qui vous parlez. Et vous croiserez toutes sortes d’individus : ceux qui ont peur, qui sont paranoïaquesagressifs, faussement amicaux, posés,… Il sera important d’échanger avec eux pour en apprendre d’avantage sur cet étrange endroit et ce qui s’y trame.

Plus Dan avance et plus le mystère s’épaissit, il commence à voir des choses anormales. Il faut dire qu’il doit prendre des pilules régulièrement au risque de se désynchroniser avec la réalité (le désavantage d’être composé à près de 50% de circuits et de processeurs).  Très vite il va devoir entrer dans l’esprit d’une première locataire, attachée à un simulateur, un casque de réalité virtuelle fixé sur la tête et là, nous comprenons ce qui fait que les Observers soient si spéciaux.  Dans ces rêves, perdant toute logique d’unité, d’espace et de temps, il  va devoir avancer et comprendre ce qu’il s’est passé, le tout dans une explosion de scènes psychédéliques, tantôt malsaines, tantôt grotesques, agressives autant au niveau visuel qu’auditif. Il ne sortira jamais indemne de ces « inceptions » et les choses vont aller de mal en pis. Mais il doit trouver son fils et ce, comme il le dit lui-même «  quel qu’en soit le prix ».

Le Gameplay :

Dans OBSERVER nous contrôlons donc Dan à travers les couloirs de ce vieil immeuble que nous visiterons du plus profond de ses sous-sols à ses  plus hauts sommets délabrés. S’ils sont assez lents, les déplacements laissent au joueur le temps de s’attarder sur les détails : affiches de propagandes, documents, visions étranges et tout ce qui permet de rendre cet univers tangible. Dans les phases d’enquête nous aurons deux types de vue à disposition : le bioscanner (L1) pour identifier les indices organiques, et l’éléctroscanner (marque déposée : R1) pour tout ce qui est cybernétique.  Ces outils vous permettront de localiser les indices nécessaires à la progression. Plusieurs terminaux sont disséminés dans les appartements sur lesquels de nombreux mails, photos et articles étofferont le background riche en détails. Vous trouverez également le jeu vidéo du futur : « Fire and Sword » . Il s’agit en fait d’un petit jeu de réflexion composé de 12 niveaux de plus en plus complexes mais plaisants à faire pour décompresser entre deux jumpscares. On ne s’ennuie pas pendant la huitaine d’heures que dure le jeu.

Pour ponctuer ces phases d’explorations, d’enquêtes, de dialogues, nous aurons droit de visiter les esprits des protagonistes que nous croiserons. Et là, si le gameplay se simplifie, il en est tout autre pour ce que votre cerveau va devoir subir. Ces portions de jeu mettent en scène des situations plus ou moins compréhensibles, vous téléportent d’un endroit à l’autre sans prévenir, vous agressent par l’image et par le son et ne finissent jamais de surprendre et de chercher à provoquer des réactions de la part du joueur. Vous ne ferez qu’avancer, subir, vous enfuir dans certains cas. Comme dans Layers of Fear, les développeurs jouent avec les joueurs et se font bien plaisir les coquins.

Sonné par ces différents trips, vous devrez « soigner » Dan à coup de pilules, sans quoi sa vision se brouillera, provoquant des artéfacts et des glitchs rendant le jeu injouable. C’est une idée de gameplay intéressante qui ajoute une sensation de malaise subtile chez le joueur car ce trouble intervient aussi après plusieurs minutes de jeu, doucement, insidieusement jusqu’à devenir vraiment problématique.

Graphismes et Bande Son :

La direction artistique d’OBSERVER est tout simplement somptueuse. Celle-ci est très inspirée de divers œuvres comme : Blade Runner bien entendu, mais également Ghost in the Shell, Silent Hill (gros clin d’œil pour les plus curieux d’ailleurs !), affiches de propagande soviétique, tableaux de Francis Bacon ou classiques du 17em siècle, surréalisme bien sur et même pixel art… : les artistes à l’œuvre ici ont fait un travail remarquable, ne se limitant à aucun style pour nous faire sombrer dans leur délire visuel. Et n’allez pas croire que la visite de cet immeuble vas se cantonner à une simple charte graphique, NON, j’insiste : ça part dans tous les sens ! C’est inventif et magnifiquement ordonné dans son incohérence.

Alors ok, d’un point de vue technique pur et dur, même si OBSERVER est très effaçasse dans ses effets de lumière et le coté cradingue de certaines textures, le moteur graphique souffre un peu, montre ses limites par endroits et rame méchamment sur PS4 Fat dans les changements de zones alors que les transitions devraient être « seamless » (de manière fluide, sans coupure). J’ai eu lors de ma session de jeu pas moins de 4 freezes ou plus rien ne se passait. C’est d’autant plus frustrant dans ce jeu ou l’on ne sait jamais si ces coupures sont des bugs ou encore une blague des développeurs.

Vos oreilles aussi vont voir du pays : Les musiques sont discrètes, voir inexistantes la majeur partie du temps mais le travail sur l’ambiance sonore est incroyable : c’est inquiétant, c’est percutant, c’est dérangeant, c’est… étrangement silencieux là, qu’est ce qui se passe ?…. et BOUM ça vous saute à la tête !

Les personnages sont très bien doublés et leurs personnalités sont immédiatement identifiées. Quant à Dan, le caractère de vieil inspecteur fatigué, cynique et désabusé de notre personnage est magnifiquement interprété par Rutger Hauer. L’homme viens du théâtre, il connait son métier, pas de doute là dessus.

La Parenthèse VR :

Comme nous sommes sur VR4player.fr, il me parait pertinent de vous donner mon avis sur la possibilité de voir un tel jeu en réalité virtuelle. Si nous sommes en vue FPS facilement transposable en VR, avec un gameplay à la manette simple et efficace, cette perspective semble alléchante pour plus d’immersion. Nous aurions alors la possibilité de vivre cette expérience au plus près de la réalité, au lieu d’être de simples spectateurs. Mis à part une scène très spécifique du jeu qui n’est selon moi pas adaptable en VR, OBSERVER serait, moyennant quelques modifications, tout à fait possible de le faire en VR. Mais attention, l’expérience y serait intense : « cut » de la vision, distorsions en tout genre, changement de lieu, de proportions, glitches et j’en passe. Tout cela demanderait un estomac bien téméraire.

Chose amusante : le jeu se permet une critique subtile et bienvenue sur la réalité virtuelle, comparant même  le joueur à un moment à un porc monstrueux. J’aurais adoré vivre ce moment avec un casque sur la tête et me dire « merde, la ils m’ont bien eu »

CONCLUSION :

>Observer_ est un trip halluciné et hallucinant, une descente psychotique en plein cauchemar éveillé. Sans être trop effrayant, le jeu de Bloober Team dérange, fait réfléchir, laisse une trace dans l’esprit du gamer. Pour 30€ et pendant près de huit heures vous serez malmenés, pas certain de ce que vous aurez devant les yeux .Mais quel plaisir de suivre cette histoire, de repérer ce clin d’œil, de fouiner dans chaque recoin pour trouver une surprise (bonne ou mauvaise ?) et de se faire surprendre. Même si la technique ne suit pas toujours, même si le gameplay n’est pas d’une richesse incroyable, le jeu remplit son contrat : vous immerger dans sa crasse et dans cet univers dégénéré et glitché jusqu’à la moelle. Je n’ose imaginer la même chose en réalité virtuelle.

L'avis de VR4player.fr
Test réalisé sur PS4
SCÉNARIO9
GAMEPLAY7
GRAPHISMES7.5
BANDE SON9
REJOUABILITÉ7.5
RATIO PRIX / DURÉE DE VIE8
Note des lecteurs0 Note0
Les plus
La narration impeccable
Rutger Hauer
Inventivité visuelle et sonore
Direction artistique de toute beauté
Le scénario qui propose quelques pistes de réflexion
Les moins
Mauvaise optimisation sur PS4 (Fat)
Bugs bloquants
Pas assez long (8 heures environ)
8