PlayStation VR : The Door fait il vraiment peur ? Le Test PSVR

PlayStation VR : The Door fait il vraiment peur ? Le Test PSVR

4 novembre 2018 0 Par eegbor

Sorti le 21 septembre sur le PS Store US au prix de 40,49$, The Door est la dernière production PlayStation VR (PSVR) du studio coréen Skonec Entertainment, studio ayant par le passé réalisé Mortal Blitz. Pour l’heure, aucune date de sortie concernant sa sortie en Europe (2019 a été avancé). Skonec Entertainment se revendique aujourd’hui comme le leader mondial de l’industrie de la réalité virtuelle (ah ouais… rien que ça…) : voyons voir si grâce à The Door le studio Skonec saura nous prouver qu’il est un leader en puissance ! Place au Test.

Le Scénario de The Door : effrayant !

Le scénario de The Door est rapidement planté : Jacob, chercheur en génétique à la carrière couronnée de succès… Amy, sa fille de 4 ans, atteinte d’une étrange maladie… Clara, l’assistante du professeur, femme plantureuse et mystérieuse… un père prêt à tout pour sauver sa chère tête blonde, quitte à sortir du chemin de l’éthique et de la bienséance scientifique… un laboratoire dans un inquiétant état de délabrement … Jacob n’a pas dû beaucoup lire de science-fiction ou jouer aux jeux vidéo dans sa jeunesse, car il aurait su sinon que le Dr Frankenstein ou ses copains de l’Umbrella Company avaient déjà commis des erreurs qu’il aurait pu s’éviter…

Vous l’aurez compris, on est sur du très classique, niveau scénario. C’est convenu, parfois un peu brouillon, mais le scénario sert bien la trame narrative. Et au final, le joueur a envie de voir ce que ce jeu a à lui raconter, et accepte de se laisser porter par cette histoire en 5 chapitres qui lui fera parcourir les quelques pièces de ce laboratoire aux lourds secrets.

The Door, le Test PSVR de VR4player.fr

Menus et interface :

En ce qui concerne le menu d’accueil du jeu, il est réduit à sa plus simple expression :

  • Scénario : vous permet d’accéder aux 5 chapitres de l’histoire, intégralement rejouables une fois terminés
  • Secrets : ce menu vous donne accès à la synthèse des objets « cachés » à dénicher au cours des chapitres
  • Settings : qui vous permet quelques réglages dans l’expérience « The Door ». Attention, deux points importants concernant les settings:
    • le jeu ne détectera pas par défaut que vous portez le casque de réalité virtuelle PSVR. C’est au joueur de venir dans le menu « Settings » avant de démarrer le jeu pour passer manuellement le jeu en mode VR. Si vous ne le faites pas, le jeu se lancera en 2D (et perdra de fait 80% de son intérêt).
    • Le jeu ne propose que l’anglais en langue « occidentale » : mais rassurez-vous, tous les dialogues sont sous-titrés, et l’anglais utilisé est largement accessible, inutile d’avoir un master 2 en Shakespeare pour comprendre le scénario.

Ambiance Graphique : PS3, sort de cette PS4 !!!

Vieillotte : c’est le mot qui me vient à l’esprit pour définir la réalisation de The Door.

La réalisation est correcte dans l’ensemble, même si parfois limite plus digne d’une PS3 que d’une PS4. D’un point de vue graphisme, l’ensemble est acceptable, même si la modélisation des pièces, des meubles, des objets aurait pu gagner en finesse. D’un point de vue technique, c’est un peu de flou, il y a de l’aliasing, la définition est acceptable, mais n’espérez pas une finesse de texture, le tout est assez grossier.

En ce qui concerne les rares animations « in game », elles sont à la limite du comique (j’avoue, j’ai ri sur la séquence où le joueur découpe les filaments sanglants du frigo au couteau au chapitre 1… et j’ai re-rie quand le joueur abat 4 pauvres planches à la hache sur le chapitre 3… et j’ai re-re-rie quand… ok j’arrête). Les rares séquences horrifiques animées (non jouables, en conclusion de chapitre) sont techniquement dépassées de quelques années.

Un bon point par contre pour les visuels 2D entrecoupant chacun des chapitres, qui sont eux de très bonne qualité (on sent une véritable patte graphique dans le dessin).

A noter enfin que, dans la version testée, plusieurs bugs sont venus entacher l’expérience, certains mineurs (la robe d’Amy qui a du mal à suivre son corps quand elle est assise en tailleur), d’autres beaucoup plus gênants (en retirant et remettant mon casque, je me suis retrouvé « téléporté / coincé » dans le mur séparant les deux premières pièces, ce qui m’a permis de découvrir la seconde pièce du jeu en avant-première (joie), mais qui m’a aussi obligé à redémarrer le jeu (pas joie) …). D’une manière générale, le jeu gère mal les « je retire / je remets mon casque » en cours de partie, j’ai dû à plusieurs reprises revenir au menu principal (et perdre tout ou partie de la partie en cours, le jeu ne laissant pas la main sur une sauvegarde en cours de partie).

Une réalisation technique tout juste acceptable donc, inégale et perfectible… et pourtant, et pourtant… elle reste très cohérente avec l’ambiance du jeu. Et au final, elle réussit son coup en jouant un rôle important dans l’immersion du titre. Ce n’est pas franchement beau ni très dynamique, mais ça marche, on se sent immergé dans un laboratoire en fin de vie.

The Door, le Test PSVR de VR4player.fr
The Door, le Test PSVR de VR4player.fr
The Door, le Test PSVR de VR4player.fr

Gameplay :

Jouable uniquement à la manette (pas de PS move, pas de Aim), le jeu a clairement été pensé et conçu comme un escape game. Chaque chapitre vous permet de découvrir une nouvelle pièce. Dans chaque pièce, vous devrez résoudre une série d’énigmes sur la base d’indices disséminés un peu partout, et ainsi ouvrir la porte d’accès à la salle suivante. A partir d’un moment, il faudra revenir en arrière dans les pièces précédentes pour récupérer des éléments nécessaires à la résolution d’une énigme. C’est linéaire, mais c’est inhérent au genre de l’escape game, donc acceptable.

Au sein de chaque pièce, la mécanique de jeu est « ancienne », à la Resident Evil des premiers jours : je dois récupérer une clé pour ouvrir un cadenas qui me permet de récupérer un couteau qui me permet de couper un câble que je peux attacher à un fil électrique pour… etc… De temps en temps, le joueur tombe sur une énigme à résoudre. Je la résous soit en observant attentivement mon environnement (il y avait une promo sur les cadenas à 4 chiffres au moment de la réalisation du jeu, à mon avis), soit en faisant fonctionner mes méninges (Ooooooh le jeu des tuyaux pour faire passer l’eau d’un point A à un point B. Oooohhhh le puzzle à 16 pièces où je dois reconstituer des insectes…). Si la grosse majorité des énigmes est plutôt simple, une poignée d’entre elles sont tordues, et peuvent être responsables de plusieurs dizaines de minutes d’arrachage de cheveux.

Au niveau des déplacements, le parti pris du studio Skonec est de ne pas laisser la liberté au joueur de se balader : vous pouvez oublier les déplacements libres pour aller scruter les moindres détails.

Ici, on est dans un système à la « the Last Guardian – PSVR », c’est-à-dire que chaque salle dispose de 1 à 5 « points de téléportation », points à partir desquels le joueur pourra interagir avec le décor et les objets. Déroutant, puis décevant au début, je me suis rendu compte au final que ce n’était pas plus mal, je m’explique : on se l’est dit, quelques énigmes sont assez tordues, mais le fait de contraindre les déplacements fait que l’on sait que les indices sont immédiatement accessibles autour des points de téléportation. Si le déplacement avait été libre, il y aurait eu un risque de voir le joueur essayer de scruter les moindres détails de chaque mur, chaque objet de la pièce, tenter d’interpréter des indices qui n’en sont pas, et ainsi passer des heures décourageantes à ne rien trouver.

Le jeu pêche donc un peu par des mécaniques de jeu anciennes… Mais au final, le principal défaut de The Door, ce n’est pas son gameplay, c’est plutôt sa durée de vie. Elle est courte, voire très courte, pour les raisons suivantes :

  • Le jeu est trop simple : la plupart du temps, on se contente d’enchainer des utilisations d’objets présents dans la pièce pour progresser. Le jeu est beaucoup trop « paternaliste » : c’est lui qui décide quand je pourrais prendre tel composant pour pouvoir l’utiliser dans le bon chapitre, et c’est lui qui m’indique où utiliser le-dit objet… (le jeu propose automatiquement d’utiliser un objet précédemment recueilli en passant le réticule sur un élément de décors, il n’y a aucune  gestion d’inventaire à la Chevaliers de Baphomets, où l’on devait réfléchir par soi-meme à quel objet je peux utiliser sur tel autre pour débloquer une situation).

De fait, au bout d’un moment, on comprend la mécanique, et on se contente de se balader un peu au hasard en regardant partout pour voir si tel pile ou tel disque que l’on avait repéré est enfin sélectionnable ou non, puis on regarde partout pour voir si une nouvelle interaction est possible avec l’objet que je viens de récupérer : Bref, au final on réfléchit peu.

  • Les énigmes sont globalement simples :
    • Deux minutes suffisent quand on a compris la « clé » pour les énigmes basées sur l’observation (clé que je ne dévoilerai pas pour ne pas spoiler)
    • Les énigmes de « réflexion » type puzzle sont dans l’ensemble faciles ; au pire, on tâtonne, et on trouve.
    • Attention toutefois, une poignée d’énigmes me contredisent (mention spéciale à celle de fin du chapitre 1, franchement capillotractée).
  • Concrètement, chaque salle ne vous retiendra pas plus de 20 à 40 minutes, soit au final une expérience de jeu qui ne vous prendra pas plus de 4h, 5h grand maximum si vous souhaitez finir le jeu à 100%. Et quand on sait qu’un chapitre, une fois fini, ne vous résistera pas plus de 5 minutes, on a un jeu qui, en plus d’être court, offre une rejouablité nulle.
The Door, le Test PSVR de VR4player.fr
The Door, le Test PSVR de VR4player.fr

Ambiance sonore et musicale :

Un peu de Chopin, un peu de Rolling Stones, des musiques de fond discrètes mais inquiétantes, en tout cas cohérentes avec l’univers, des doublages anglais de qualité…

La partie sonore de The Door est une réussite, et couplée avec l’univers visuel du jeu, elle joue une part importante dans la réussite de l’immersion du joueur.

Immersion : et l’horreur dans tout ca ?

Je l’avoue, c’est une des déceptions sur ce jeu. Lorsque je me suis vu confié le test du jeu et que j’ai regardé le trailer, je m’imaginais déjà fuir devant des monstres inquiétants (tel un pyramid head à la Silent Hill ou une femme araignée à la Evil Within), devoir résoudre des énigmes en temps limités sous peine de punitions lovecraftiennes… que nenni…

La partie horrifique est au final limitée… quelques séquences « horrifiques » en guise de vidéo de fin de chapitre, deux / trois jump scare éculés (bouuuuuhh la porte qui se ferme toute seule devant nous !!!!! Ouh la la, la tête décapitée avec une réalisation graphique digne d’une PS3… qui apparait l’espace d’un instant avec un gros cri). Si vous voulez avoir peur dans un univers Playstation VR, il va falloir re-installer « Here they lie » ou « Resident evil 7 », ce n’est pas avec The Door que vous allez prendre votre dose d’adrénaline VR.

CONCLUSION :

The Door est un petit jeu sympa, un véritable Escape Game tel qu’on peut le vivre IRL, avec un soupçon d’horreur. La réalisation, même si elle est datée et perfectible (graphisme, animations, …), et la partie sonore plus réussie, parviennent au final à nous immerger dans ce laboratoire, que l’on prend tout de même du plaisir à parcourir.

Le problème de The Door est que, comme beaucoup de jeux PSVR, il est court. Court car globalement facile à finir (un poil plus corsé si vous visez le 100%, et encore… un vieux de la vieille du jeu vidéo aura rapidement raison des énigmes les plus complexes… attends mec, on est passé par Myst avant, faut pas l’oublier). Si ce défaut aurait été pardonnable pour une expérience PSVR à 10-15€ (max), cela devient un vrai problème quand on sait que le prix de vente de ce jeu est de 40$ sur le store US. Là, le ratio « durée de vie / prix » devient incohérent. Et il est difficile de conseiller à un joueur d’investir une somme proche de ce que coute un AAA pour une durée de vie si courte.

Ce n’est donc pas avec ce jeu que Skonec nous fera chavirer, et moins encore révolutionner l’industrie de la VR.

Avis de VR4player.fr
Test réalisé sur PS4 standard
Scénario6
Graphismes5.5
Gameplay6.5
Bande Son7
Immersion7
Rejouabilité2
Ratio durée/prix2
Note des lecteurs0 Note0
Les plus
Le principe de l’escape game à la maison
Une immersion qui marche,
Une ambiance sonore réussie
Les moins
Une durée de vie courte, et une rejouabilité quasi-nulle
Un rapport « durée de vie / prix » catastrophique
Une réalisation dépassée
Une dimension « horreur » au final peu présente
5.5