PlayStation VR : Megaton Rainfall, le test, une excellente surprise !

PlayStation VR : Megaton Rainfall, le test, une excellente surprise !

22 octobre 2017 6 Par Marc Spiquel

Megaton Rainfall est un jeu développé et édité par Pentadimensional Games, un studio espagnol indépendant créé en 2015. Le jeu a été créé par un développeur seul, Alfonso Del Cerro, qui ne s’est ensuite entouré que d’une poignée de programmeurs et de graphistes ainsi que d’un compositeur. Magaton Rainfall est disponible sur le Playstation Store depuis le 17 octobre 2017 sur PS4 et Playstation VR pour lesquels il est en exclusivité temporaire, le jeu étant prévu sur les autres plateformes ultérieurement. Il s’agit d’un jeu d’action, jouable en VR ou en mode classique, laissant une part importante à l’exploration libre de l’environnement, dans lequel le joueur incarne un être supérieur et mystérieux proche de la divinité. Annoncé par Sony dès la sortie du Playstation VR, ce titre ambitieux pour une équipe aussi petite tient-il ses promesses ?

Megaton Rainfall : L’interface de jeu

Une entrée en matière sans détours

Megaton Rainfall se lance rapidement à partir d’un menu très simple et nous invite, après une brève introduction explicative, à nous plonger dans l’aventure par un tutoriel très efficace qui nous permet d’explorer la planète terre librement. Aucune cinématique n’est présente, on entre en scène sans attendre pour en découvrir le contenu ludique. La voix off est en anglais, les paroles étant toujours traduites simultanément en Français à l’écran dans une forme un peu flottante qui correspond bien à son contenu.

Des options de jeu paramétrables

Le développeur a eu l’excellente idée de permettre au joueur de choisir dans les options le type de rotation (angulaire ou fluide) et la présence ou non de voiles noirs lors de mouvements très rapides ou des passages à proximité d’objets ou d’immeubles par exemple, même si certains ne peuvent pas être retirés en cas de rotation très rapide de la tête. On peut choisir d’activer ou non les secousses de la caméra lors des chocs ou entrée dans l’atmosphère terrestre. L’objectif est de permettre à tous les joueurs, quelle que soit leur sensibilité au motion sickness, de pouvoir jouer dans les meilleures conditions possibles. Il faut saluer cette attention qui permet ainsi à coup sûr de satisfaire tout le monde en n’imposant pas les méthodes anti-motion sickness (que l’on ne pouvait pas désactiver dans le pourtant très bon Eagle Flight d’Ubisoft par exemple) aux joueurs capables de supporter les déplacements rapides en réalité virtuelle pour une immersion totale.

Le gameplay

Une vitesse et une liberté grisantes

Megaton Rainfall nous permet d’effectuer des déplacements à des vitesses vertigineuses. On peut même affirmer que ce niveau de vitesse n’avait jamais été atteint en réalité virtuelle. Afin d’avoir un ordre d’idée plus précis, sachez que pour passer de sa position et se retrouver dans l’espace pour contempler la terre et chercher s nouvelle zone de jeu, il ne faut que compter quelques secondes. Que l’on soit dans l’espace ou à proximité de la terre ferme, sur laquelle on peut même se poser, les déplacements sont, en plus d’être rapides, complètement libres. Vous vous souvenez de l’effet « whaou » que nombre de joueurs ont ressenti en vivant leur première expérience avec le Playstation VR ? Ici, il semble célébrer son anniversaire tant Megaton Rainfall nous transporte immédiatement dans son environnement. On ressent immédiatement l’application et la passion du jeu chez le développeur qui a réussi à mettre au service du joueur le jeu dont il rêvait.

On voyage très loin

Puisque nous avons la liberté de survoler la totalité du globe, sachez que l’on peut tout-à-fait s’attarder ou atterrir où l’on veut, des dizaines de villes étant accessibles. S’il est difficile d’en trouver une en particulier, la cartographie du monde n’étant pas tout-à-fait fidèle – nous ne sommes pas, bien-sûr, dans Google Earth – cette possibilité est jubilatoire. Pour couronner le tout, les phases d’explorations, s’effectuent non seulement au-dessus de la terre, mais aussi dans l’espace et vers la lune, le soleil, les planètes du système solaire que l’on peut approcher, survoler au ras du sol, et s’y poser. Quel que soit l’astre choisi, l’effet est bluffant. Cela peut paraître incroyable mais on peut même sortir du système solaire et explorer l’univers, d’autres planètes, d’autres étoiles après avoir acquis le pouvoir de vitesse supra-limique, égal à un milliard de fois la vitesse de la lumière. Rapide, et très maniable ! Les déplacements s’effectuent de manière classique à l’aide des sticks de la manette et sont assez faciles à assimiler. Il en est de même du dosage de la vitesse, qui a toute son importance dans le jeu puisqu’il est souvent nécessaire de s’approcher de certains ennemis de manière très précise, à quelques mètres près. L’accélération est donc progressive et surtout répond parfaitement à la sollicitation des sticks analogiques. On peut regretter cependant que Megaton Rainfall ne soit pas compatible avec les PS moves pour un gameplay encore plus libre, d’autant que l’on voit parfois les mains translucides de notre personnage. La possibilité d’utiliser ces accessoires aurait donc été un plus donnant davantage de naturel à nos mouvements, surtout dans les phases de combat contre les envahisseurs. Une mise-à-jour allant dans ce sens serait appréciable, l’idéal étant toutefois la sortie de PS moves dotées de stick analogiques pour gérer les mouvements de façon optimale. Ceci étant dit, avec la manette Dualshock, le jeu reste très agréable.

Le scénario

Le mystère de la puissance

Le joueur ne sait pas exactement qui il incarne, le jeu cultivant le mystère. La narration a quelque chose de mystique. Ce que nous sommes nous le devinons : sans doute une divinité qui fait son apprentissage d’ange gardien de ce secteur de l’univers. Nous sommes initiés et guidés par un personnage énigmatique, un esprit encore supérieur au nôtre, qui s’adresse à nous vocalement en dehors des phases d’action. Nos capacités de déplacements et d’intervention vont bien au-delà des super-héros que nous avons l’habitude d’incarner et de croiser dans les jeux vidéo classiques. Au fil de notre progression, nous collectons des xénosphères qui sont boules lumineuses porteuses de nouveaux pouvoirs tels que les tirs surpuissants, la suspension du temps pendant un certain délai, la vitesse supérieure, etc…) qui sont un plaisir à expérimenter dans la mission suivante. Ce statut de divinité nous confère un sentiment de puissance décuplée par la liberté et l’immersion en réalité virtuelle.

Un combat somptueux contre l’invasion extra-terrestre

Nous allons devoir mettre cette puissance au service d’une noble cause : anéantir les envahisseurs extra-terrestres arrivés sur notre planète afin d’en prendre possession, et qui n’hésitent pas à tirer sur les zones habitées et à anéantir ses occupants. Les vaisseaux ennemis survolent les points clés de la terre que sont les grandes villes et l’action se déroule le plus souvent à quelques dizaines de mètres au-dessus du sol. L’histoire se décomposent en neuf missions distinctes, que nous devons réussir les unes à la suite des autres, en s’efforçant d’avoir le moins de victimes possibles chez les terriens.

Si notre personnage est invincible, il se doit en effet de sauver la terre et une barre verte à la gauche de l’écran représente le nombre de victimes autorisées. Cet indicateur se vide progressivement et vire au rouge à mesure des dégâts collatéraux et au-delà du nombre autorisé, nous devrons alors recommencer au check point précédent.

Pour évoluer, il faut parvenir à détruire les vaisseaux aliens, en évitant de toucher les civils par nos propres tirs, quitte à poursuivre les ennemis entre les nombreux bâtiments parmi lesquels ils se faufilent. Afin de les mettre hors d’état de nuire, il faut trouver leur point névralgique, généralement rouge, chaque vague de vaisseaux en possédant un spécifique. L’action est haletante durant toutes ces phases car les vaisseaux ennemis sont de plus en plus nombreux et se déplacent de plus en plus rapidement. Certains optent pour la technique du caméléon et se fondent dans les immeubles. Ces vaisseaux évoluent au fil des missions, même si on en retrouve certains de manière récurrente, et le plaisir reste très présent durant les neuf missions.

Nous sommes en présence d’un principe de jeu original et très bien réalisé en réalité virtuelle.

Le plaisir des yeux

Des environnements immenses et aléatoires

Les décors sont variables mais astucieusement travaillés pour être au service du gameplay. Globablement, on a affaire à une netteté appréciable, même si en s’attardant au ras du sol, on constate des textures approximatives, des arbres souvent identiques, de même que les piétons et les voitures dans les villes, ou les poissons dans la mer. Oui, peut même visiter les fleuves et les océans. Mais compte tenu de l’immensité de l’aire de jeu, même si elle est souvent simulée aléatoirement, ces détails ne constituent finalement pas un défaut. Le jeu a habilement recours à la génération procédurale, à l’instar de No man sky, et ce système lui convient parfaitement, tant on profite de chaque instant sans jamais percevoir le moindre temps de chargement. La génération procédurale a pour effet que les villes se ressemblent certes beaucoup, en dehors de quelques monuments symboliques qui leur donnent parfois une petite identité.

Les animations fluides

Quant aux mouvements, ils sont d’une fluidité sans faille; les explosions et les effondrements d’immeubles sont impressionnants et dans les phases les plus intenses nous avons le droit à un festival pyrotechnique qui est généré à une vitesse élevée, sans le moindre ralentissement. Il y a du reste très peu de bugs d’affichage ou de collision.

On apprécie aussi l’alternance du jour et de la nuit qui ne sont pas toujours au même endroit du globe. Enfin, dès que l’on monte dans la stratosphère et que l’on circule un peu plus loin dans l’espace, les graphismes sont majestueux.

Une bande son soignée

La bande son varie fortement de manière à s’adapter à la nature des phases de jeu. La musique est nerveuse, mais jamais envahissante, pendant les phases d’action. Elle se mêle discrètement aux bruits d’explosions et aux cris de panique des habitants. Dans les phases d’exploration, l’ambiance se fait beaucoup plus zen, avec des musiques planantes parfaitement adaptées, surtout dans l’espace.

Conclusion

Megaton Rainfall est une énorme surprise. Rapide, beau, spectaculaire, prenant, envoûtant, il offre une bonne durée de vie, plus de 5 heures pour l’aventure principale, qui peut en outre varier fortement en fonction de notre attirance pour l’exploration libre à laquelle nous sommes invités. La re-jouabilité est aussi accentuée par l’aspect scoring et le classement en ligne, les scores étant établis en regard du nombre de victimes et du temps passé par mission. Développé par une petite équipe, Megaton Rainfall réalise la performance de passer pour une super-production à bien des égards. Une super-production qui tient en 1,24 Giga et qui coûte 15 € Mais si l’on joue et l’on rejoue à Megaton Rainfall, c’est surtout pour sa liberté dans un univers immense comme le plaisir qu’il procure. Un jeu au charme fou !

L'avis de VR4Player.fr
Test réalisé sur PS4
Gameplay8.5
Scénario8
Graphisme8
Originalité9
Rejouabilité7.5
Note des lecteurs24 Notes4.2
Les plus
L’originalité du concept
Une réalisation de haut niveau
L’immersion et l’évasion sont totales
La liberté d’action
L’ambiance mystique
L’alternance entre l’action et la contemplation
Les moins
Des villes qui se ressemblent
Pas de PS moves
8