PlayStation VR : L’Oculus Quest peut-il faire de l’ombre au casque de Sony ?

PlayStation VR : L’Oculus Quest peut-il faire de l’ombre au casque de Sony ?

23 août 2019 0 Par Laurent Ganne
VR4player, les dossiers du mois d'aout

Article du 4 Mai 2019

Oculus Quest vs PlayStation VR VR4Player

Le 21 mai prochain sera disponible à la commercialisation le modèle phare des casques autonomes de la marque Oculus. Si l’Oculus GO avait ouvert la voie avec un tarif agressif, le Quest souhaite quant à lui se positionner plus haut de gamme et porter le jeu vidéo à un niveau jamais atteint sur un casque autonome. Proposé au tarif de 399$ dans sa version d’entrée de gamme avec 64go de mémoire, orienté gaming, l’Oculus Quest serait-il prompt à concurrencer directement le PlayStation VR (PSVR) ?

Oculus Quest, PSVR, VR4player.fr

Quelques caractéristiques techniques :

  • Dalle Oled PenTile
  • Définition : 1440 / 1600pp par œil
  • Fréquence d’affichage : 72Hz
  • Champ de vision 100-110 degrés
  • Processeur : Mobile SnapDragon 835
  • Autonomie : 2 heures 

Oculus Quest, un casque Autonome tourné vers le jeu

D’aspect soigné, l’Oculus Quest fait réellement envie, on sent bien que pour sa nouvelle gamme, Oculus a fait un véritable bond en avant qualitatif. Petit frère de l’Oculus RIFT S le Quest dispose de deux lentilles de fresnel de bonne qualité, du réglage manuel de l’intervalle entre les deux yeux, de 4 caméras frontales grand angle permettant de repérer le casque dans l’espace mais également les contrôleurs VR, d’une paire d’enceinte intégrée directement dans les branches du casque (sangles latérales) et d’un port jack si vous souhaitez profiter de vos propres écouteurs. Enfin, le casque est livré avec une paire de contrôleurs VR rappelant les Oculus Touch bien que leur ergonomie soit quelque peu différente. Ces contrôleurs sont alimentés par piles et non par accus rechargeables.

Oculus Quest, PSVR, VR4player.fr

De par ses caractéristiques l’Oculus Quest a tout pour devenir un best seller, Mark Zuckerberg ne s’en est d’ailleurs pas caché en avouant que l’objectif du Quest était de participer à la démocratisation de la réalité virtuelle chez le grand public. Et il est vrai que sa facilité d’utilisation (rappelons que le casque n’a ni besoin d’un PC ni de capteurs externes) et son ” nomadisme ” permettent une utilisation en tout temps et tous lieux. La configuration se fait rapidement via l’application mobile, et au moyen des contrôleurs on trace littéralement son guardian (espace de jeu) virtuel autour de soi et le tour est joué, nous pouvons nous lancer dans l’aventure.

La reconnaissance dans l’espace des contrôleurs VR se fait via les 4 caméras frontales et selon les retours des confrères ayant déjà pu mettre la main sur un exemplaire du casque, celle-ci ne souffre d’aucune perturbation, aucun lag hormis si vous rapprochez de trop près du casque vos contrôleurs, ce qui peut paraître logique.

Par ailleurs, le catalogue de jeux fournis est déjà conséquent, pour se faire nous n’avons qu’à nous rendre sur l’Oculus Store et sélectionner un jeu déjà compatible avec le Quest. À noter que ceux qui possédent déjà un Oculus RIFT ou GO n’auront pas besoin  de repasser à la caisse pour les jeux cross-buy (achats croisés). Ce ne sera malheureusement pas le cas pour tous les jeux, Oculus laissant le soin aux studios de décider si vous devrez faire l’acquisition d’une nouvelle licence ou pas.

Liste des jeux Cross-Buy  :

  • Angry Birds VR de Resolution Games
  • Apex Construct de Fast Travel Games
  • Dance Central VR de Harmonix
  • Dead and Buried de Gunfire Games and Oculus Studios
  • Dead and Buried 2 de Oculus Studios
  • Eleven: Table Tennis VR de Fun Labs
  • Face Your Fears 2 de Turtle Rock Studios
  • I Expect You To Die de Shell Games
  • Journey of the Gods de Turtle Rock Studios
  • Keep Talking And Nobody Explodes de Steel Crate Games
  • OrbusVR: Reborn de Orbus Online
  • Racket: Nx de One Hamsa
  • Robot Recall de Epic Games (Rift) / Drifter Ent. (Quest)
  • Shadow Point de Coatsink
  • Space Pirate Trainer de I-Illusions
  • Sports Scramble de Armature Studio
  • The Climb de Crytek
  • Ultrawings de Bit Planet Games
Oculus Quest, PSVR, VR4player.fr

L’Oculus Quest peut-il faire de l’ombre au PSVR ?

Sur le papier, à l’utilisation et vu son prix, l’Oculus Quest pourrait se positionner véritablement comme un concurrent d’un PSVR vieillissant. Certains possesseurs de PS4 peuvent maintenant hésiter entre un PSVR ou un casque autonome. Mais de quoi parle-t-on vraiment avec le Quest ?

La technologie du PSVR date de 2014-2015 (projet Morpheus). La résolution du casque est moindre (960 x 1080 par œil), bien que doté d’un écran Oled Full RGB de meilleure qualité. L’effet de grille est moins visible sur un écran Full RGB que sur la dalle PenTile du Quest, il se rattrape sur sa résolution de 1400 x 1600 Pixels. Car oui… la résolution ne fait pas tout dans un casque !

Le PSVR nécessite d’être raccordé à une PS4 ou PS4 Pro pour fonctionner et d’être jumelé à une caméra externe en sus de l’achat du casque, ce qui lui hôte toutes velléités nomades. Le PSVR se situe entre deux mondes de la VR, techniquement et ergonomiquement novateur sur certains points, il est en revanche dès sa sortie dépassé au niveau des contrôleurs VR puisque ceux-ci ne sont autres que les PS-move disponibles depuis 2010 sur PS3. La reconnaissance dans l’espace du casque et des contrôleurs VR se fait par détection de Led ce qui est un dispositif assez aléatoire, sujet à de nombreux filtres environnementaux polluant l’expérience durant le jeu (lag, décrochages….) et nécessitant une recalibration. La faiblesse des PS move ne s’arrête pas là puisque ceux-ci ne disposent pas de sticks analogiques permettant les déplacements libres (comme peuvent le faire les contrôleurs Oculus). Ce manque est renforcé par la présence d’un roomscale minimaliste ne permettant pas de compenser ce défaut. L’aspect filaire (raccord au boîtier du PSVR lui même raccordé à la PS4) peut en rebuter certains même si la version V2 du PSVR a réduit le volume de ces câbles.

Mais malgré ces défauts, la grande force du PSVR vient de son jumelage avec les PS4 et PS4 Pro, le duo fonctionne à merveille. Bien que filaire, le PSVR n’en reste pas moins Plug & Play. Une fois installé, vous n’aurez plus qu’un seul câble à brancher sur le boitier externe et vous serez prêt pour jouer. Ici, on branche, on allume sa console et c’est parti sans interruption d’autonomie (ahhh les bienfaits de l’alimentation par câbles). Du côté de l’Oculus Quest, c’est la liberté totale, rien à brancher mais il faudra recharger la batterie après 2 Heures environ de jeu.

QUEST

Tout au long de sa commercialisation, le catalogue de jeux du PlayStation VR n’a cessé de s’étoffer et compte aujourd’hui plus de 300 titres VR ou compatibles VR. Il y en a pour tous les goûts dont de sacrées perles. Ceux-ci sont déclinés en versions digitales et en versions physiques (pas tous les titres). Vous ne disposerez malheureusement pas de tout le catalogue Oculus avec le Quest car il ne faut pas oublier que le sans fil autonome rime avec puissance de téléphone portable !

L’écran du PSVR, bien qu’égal au champ de vision du Quest est quant à lui rafraîchi à 120 Hz (72 Hz pour le Quest) ce qui apporte un plus grand confort visuel mais surtout une plus grande évolutivité pour l’avenir. La PS4 aura du mal à faire tourner un gros jeu en 120 fps, la PS4 Pro ets déjà mieux armée pour cela mais la PS5 le fera sans problème car on vous le rappelle, le PlayStation VR sera bien compatible avec la PlayStation 5.

Contrairement à l’Oculus Quest qui est mû par une puce mobile SnapDragon 835, certes très puissante pour un téléphone portable, le PSVR dispose de beaucoup plus de puissance soit 1,8 teraflops sur PS4 ou 4,2 teraflops sur PS4 Pro, c’est là tout l’avantage d’avoir des fils ! C’est une différence énorme par rapport au Quest pour lequel les développeurs devront faire de grandes concessions graphiques pour le portage de leurs titres sur la plateforme. En gros, même si les graphismes restent propres, ceux ci seront moins performants que ceux sur PSVR, ce qui exclue tout AAA du catalogue du Quest de l’aveu même de John Carmack, le directeur technique d’Oculus :

« En termes de puissance de calcul brute (…), le Quest est dans le voisinage des consoles de la génération précédente, comme la Xbox 360 ou la PS3 », a-t-il déclaré. « Mais ce qu’il faut garder en tête c’est que la plupart des jeux de cette génération étaient propulsés en 720p / 30 fps et qu’ils ne profitaient pas d’un filtrage antialiasing efficace. Tandis qu’en VR, il faut qu’un jeu tourne en 1200p, deux fois pour la stéréo, et à 72 images par seconde. C’est 8 fois et demi plus de pixels que ce que vous aviez sur un vieux jeu de Xbox 360, et il faut en plus ajouter [à l’ensemble] un traitement antialiasing MSAA 4x ».

« Il est donc impossible de prendre un jeu AAA développé sur la génération actuelle pour le porter sur [le Quest], cela représenterait bien trop de pixels à animer ».

Ce manque de puissance est le gros point noir du Quest puisque de par sa configuration autonome, il est cantonné à la puissance de sa puce. Celle-ci n’est pas remplaçable rendant à moyen terme le casque obsolète surtout quand nous savons que la prochaine génération de consoles et casques VR approche. 

L’autre grande force du PSVR est désormais le tarif de son bundle avec la caméra externe. D’autres périphériques sont compatibles AIM controller et prochainement le 3dRudder. Mais c’est sans aucun doute sa compatibilité reconnue par Sony avec la prochaine PS5 qui fait que le PSVR surclasse le Quest. Le PlayStation VR (qui au final n’est qu’un écran avec un système de tracking, de gyroscopes et de contrôleurs) pourra bénéficier de toute la puissance des jeux VR de la PS5 en plus du catalogue PS4. Cela permet aujourd’hui de s’équiper d’un casque VR à moindre coût mais toujours dans le coup techniquement et d’y jouer sur PS4 et PS5 (qui devrait arriver d’ici la fin 2020 si tout va bien). Les studios prennent d’ailleurs de plus en plus la mesure de la puissance de la PS4, les jeux sont de plus en plus beaux. Bref pas d’obsolescence à moyen terme.

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En conclusion, bien que les deux casques (Quest et PSVR) sévissent sur le domaine du jeu avec un positionnement tarifaire quelque peu similaire, il sera difficile pour le Quest de détrôner le PSVR, la puissance de son processeur lui faisant défaut. Bardé de plein de bonnes choses (autonome, des contrôleurs efficaces, un catalogue attractif) l’ Oculus Quest est une réelle bonne alternative si vous ne possédez pas de PS4, ne souhaitez pas faire l’acquisition d’une PS5 et surtout si l’aspect graphique des jeux vous importe peu. Si par contre, vous disposez déjà de la PS4 ou de la PS4 Pro, le PlayStation VR reste un meilleur investissement pour entrer dans le monde de la Réalité Virtuelle. Le sans fil sur un casque VR n’est pas sans concession sur les casques autonomes, il est important de le rappeler.