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[TEST] Gravitational PSVR : Une cause juste peut-elle remplacer le reste ?

Au tour de Gravitational de passer entre nos mains pour une dissection complète afin de voir ce qu’il a vraiment dans le ventre. Le studio de développement Studica Solution, l’équipe d’édition Electric Monkeys et le distributeur de jeux en version physique, Perp Games ont collaboré pour la sortie de Gravitational sur Playstation VR sorti le 11 Novembre 2021 au tarif de 19,99 euros sur le PlayStation Store.

Gravitational est un Puzzle Game. Une expérience en réalité virtuelle prenant place dans un futur proche où l’humanité découvrit la technologie gravitationnelle. Les corporations se lancent entre elles dans une course effrénée pour la maîtrise des voyages gravitationnels et des systèmes de contrôle destinés à révolutionner le monde.

« Malheureusement », ce sera l’unique version de disponible. L’éditeur de jeu physique Perp Games, bien que les visuels étaient là et les précommandes possibles sur plusieurs sites marchands, annula sa commercialisation en physique.

Pas de panique, les changements de plan, ça arrive. Perp Games qui décide brusquement d’annuler la commercialisation d’une édition physique ne signifie pas forcément que le jeu est mauvais. Mais c’est souvent mauvais signe.

Le titre est le premier jeu en réalité virtuelle d’Electric Monkey, la branche jeu vidéo de studica Solution, une entreprise informatique basée à Sao Paulo. Electric Monkey est composé d’une jeune équipe d’une vingtaine de personnes désireuse d’offrir des expériences innovantes et merveilleuses ( ce n’est pas moi qui le dit c’est sur leur site web).

Par ailleurs, le studio de développement reçu différentes récompenses comme le cachet de soutien Ethnie, LGBTQIA+ et du genre et d’incitation à la diversité dans l’industrie du jeu. Un studio plein de bonnes intentions.

Gravitational est un puzzle game scénarisé rejoignant la catégorie des jeux tels que Form, Red Matter ou encore Twilight Path. Il est donc plus qu’un simple jeu d’enchainement de niveaux constitués de différents puzzles.

Le jeu est jouable exclusivement aux Playstation Move.

En parcourant les options, vous constaterez une customisation limitée notamment pour le confort. Par exemple, il sera impossible de supprimer la vignette limitant le motion sickness durant les déplacements surtout pour les habitués de la VR. De plus, il faut savoir que le jeu ne propose que deux langues avec ses sous titres, le portugais et l’anglais. Une mauvaise nouvelle pour celles et ceux ne parlant pas les langues les privant ainsi de profiter de l’histoire et des quelques explications dans la réalisation des puzzles. Un défaut  mineur qui se fera oublier comparé à la quantité de problèmes bien plus agaçants.

Scénario

Dans Gravitational, vous incarnez Sébastian, un scientifique de Gravicorp spécialiste de la manipulation gravitationnelle. Une onde de choc provoquera des dégats importants causant l’effondrement du réacteur principal. Et bien sûr, vous serez l’homme de la situation, le seul capable de limiter les dégâts et d’éviter une catastrophe majeure. En même temps, pas le choix, vous êtes tout seul sur la plate-forme.

Un détail, non des moindres, est que Sébastian a perdu l’usage de ses jambes et ne peut se déplacer qu’en fauteuil roulant. Un bon point pour le studio qui nous propose un mode de déplacement atypique et intéressant. Une initiative que j’ai vue d’un très bon œil. La réalité virtuelle est un moyen idéal pour immerger le joueur dans des conditions particulières et le confronter à des difficultés faisant partie du quotidien d’une catégorie de personnes.

Gravitational, un gameplay raté ?

Une excellente idée ces déplacements en fauteuil roulant, mais qui malheureusement ne fonctionnent PAS DU TOUT ! ! ! Les développeurs ont raté ce qui fait la particularité du jeu.  Les moves décrochent en permanence. Dès que l’un d’eux est soit disant trop loin de vous, Sebastian lâche automatiquement ce qu’il a dans la main.

Mais en fauteuil, si une seule roue fonctionne, vous tournez sur vous-même. Pour aller tout droit, il faut forcément actionner les deux à la fois. Le jeu commence à peine et on galère pour faire 3 mètres.

Cependant, les développeurs ont capté que leur système ne fonctionnait pas et ont proposé un deuxième moyen de se déplacer en utilisant un Controller Oculus. Sympa d’y avoir pensé dès les 20 premières secondes au lieu de tenter de résoudre le problème. Pour l’immersion, peut-être ?!

Et cela fonctionne tout de suite mieux. Mais les choses ne pouvaient être aussi simples. Il fallait forcément rendre marteau le joueur d’une façon ou d’une autre. Lorsqu’on utilise cette méthode de déplacement, voilà que des œillères (utilisées pour limiter le motion sickness) viendront vous harceler en permanence. Couplées à un problème notable de framerate que ce soit sur PS4 Fat ou sur PS5, on finit très vite par avoir une sensation désagréable même pour un insensible au Motion Sickness. Ajoutez à cela un bruit sourd dans le moindre de vos mouvements. Un gameplay de déplacement basique devient une véritable plaie.

Les déplacements manuels ou automatiques sont désastreux. Les roues du fauteuil se bloqueront au moindre contact avec un mur ou un petit caillou rendant les phases d’exploration tout sauf fun. Pour ceux aimant fouiller chaque recoin à la recherche de collectibles, vous abandonnerez rapidement. Ne perdez pas votre temps, de toute manière, il n’y en a pas. Exception faite des clés usb renfermant des emails inintéressants qui donneront juste au personnage de Sebastian une raison suffisante de se plaindre. Chose qu’il fera régulièrement tout au long du jeu.

D’ailleurs, il pourra arriver que vous soyez bloqués sans trop savoir pourquoi, vous obligeant souvent à  recommencer le niveau.

Dans Gravitational vous rencontrerez des zones d’apesanteur toujours installées au bon endroit afin d’atteindre l’autre coté de la salle. Des phases de gameplay très intéressantes mais qui ENCORE UNE FOIS se retrouvent gâchées par des contrôles et un motion gaming ratés. Dans cette zone de gravité 0, Sebastian n’est pas capable de tenir une barre à deux mains, ni de pivoter sur le coté et de s’orienter pour se propulser efficacement vers une autre barre. Si vous démarrez l’apesanteur dans un angle compliqué, enchaîner les prises successives sera délicat.

Et cerise sur le gâteau, une icône et un son insupportable vous harcèleront dès que vous tournerez trop la tête, soit disant. Est-ce voulu pour simuler l’équilibre de Sébastian et provoquer une chute de fauteuil, même en apesanteur, ou est ce simplement pour vous forcer à rester aligner devant la caméra pour le traking. Quoi qu’il en soit, ce n’est pas intuitif et  la chute vous fera recommencer la phase de jeu constamment rendant ainsi ces passages en apesanteur déplaisants.

Des puzzles dépassés et surexploités

Parlons maintenant du cœur du jeu, les puzzles. Une bonne idée du studio mais beaucoup trop recyclée. Sebastian mettra la main sur des télécommandes gravitationnelles devant être utilisées en même temps pour soulever des cubes de couleurs. Chaque cube a ses caractéristiques propres, les bleus possédants plusieurs points d’attache, les rouges déploieront deux autres cubes, les violets en déploieront plusieurs formant un T et les jaune seront de longues poutres pouvant être tournées. Vous pourrez avec vos « gravitrons » effectuer des rotations horizontales et verticales pour les assembler et construire vos ponts.

Mais souvenez-vous, ne tournez pas trop la tête ou ne vous penchez pas trop au risque de « tomber de fauteuil » et de recommencer l’action. Il est impossible de tourner le fauteuil ni de se déplacer en même temps qu’on manipule les cubes pour les acheminer jusqu’à la plateforme. Il faudra les reposer, reprendre le controller quest pour vous tourner légèrement ou avancer, et les reprendre pour continuer. Sur 15 niveaux, ce n’est pas amusant du tout.

Et ce sont les SEULS Puzzles. Bon, j’exagère, il y a aussi les tableaux électriques à remettre en charge, mais ce n’est ni  intuitif, ni amusant et surtout le jeu ne vous explique pas clairement son fonctionnement. Hormis cela, Gravitational ne proposera aucune interaction en vr supplémentaire.

L’immersion n’est pas un point fort du titre.

Un Sound Design et des graphismes peu reluisants

La bande son n’a quant à elle rien d’extraordinaire. On y identifie que quelques musiques. A l’écoute, on se rend vite compte qu’elles sont mises en boucle du début à la fin. Gravitational souffre d’un recyclage intensif à plusieurs niveaux.

En ce qui concerne la réalisation, Gravitational propose des décors futuristes dans un style graphique que j’apprécie tout particulièrement : le Cell Shading.

Cependant, bien que ce style permette la création d’environnements complexes tout en limitant la charge de calcul, on ne peut s’empêcher de remarquer un aliasing bien trop présent même sur Playstation 5 et des couleurs ternes à l’exception des cubes de gravités au couleurs flashies composant les ¾ des énigmes du jeu. Les lieux sont majoritairement sombres, au mieux à peine tamisés. Gravitational ne parvient même pas à être beau graphiquement et encore moins être fluide.

Et j’ose à peine à vous parler de l’abus de recyclage des environnements de transitions entre chaque niveau.

J’ai la nette impression que chez Electric Monkey, certains développeurs avaient des idées et d’autres un baobab dans la main. Le jeu se décompose entre des étages de niveau où Sebastian devra trouver un moyen de se créer un pont pour traverser la pièce et cette salle de transition copiée/collée 15 fois vous obligeant à prendre un ascenseur gravitationnel pour atteindre le niveau suivant jusqu’au prochain pont.

Le titre est répétitif au possible. Les moins patients d’entre vous laisseront tomber et les acharnés dont je fais partie délaisseront le jeu une fois terminé.

La durée de vie n’excèdera pas les trois heures de jeu. La fin est prévisible, sans personnalité, ni grand intérêt. De plus, l’histoire se conclura sur une morale sans originalité. La rejouabilité sera quasi inexistante. Pour le prix, j’arriverai difficilement à vous recommander Gravitational comparé à d’autres aux gameplay tout aussi basique mais avec un fun assuré (MaskMaker, Red Matter, Form). C’est vraiment dommage. Faire un jeu vidéo sur fond de défense d’une cause légitime est très bien, mais à la condition de ne pas se laisser emporter par elle à en oublier le plaisir de jouer.

J’en attendais tellement de lui. Les trailers de Gravitational m’auront fait rêver. La déception était si immense que j’ai fini par le détester.

Conclusion

En conclusion, GRAVITATIONAL est une grande déception. Electric Monkey a su faire monter la mayonnaise avec des trailers alléchants en nous faisant miroiter un puzzle game varié, saupoudré d’un gameplay atypique. Nous mettre à la place d’un scientifique se déplaçant en fauteuil roulant a été une excellente initiative. Malheureusement, le tout redescend très  vite dès les premières minutes et devient un véritable calvaire pour ceux désireux d’arriver, malgré tout, au bout de  l’aventure. GRAVITATIONAL n’excèle dans aucun domaine et réussira difficilement à vous procurer du plaisir de jeu sur ses 3 heures de durée de vie. Passez votre chemin.

Gravitational
L'Avis de VR4Player
Test réalisé sur PS4
Scénario
4
Gameplay
4
Graphismes
5
Bande Son
5
Immersion
4
Rejouabilité
3
Rapport Qualité / Prix / Durée
3
VOTRE NOTE, VOTRE TEST !0 Note
0
Les plus
Des déplacement en fauteuil roulant...
Des déplacements automatiques...
Des graphismes en Cel Shading...
Les moins
... qui ne marchent absolument pas.
... qui donnent la nausée
... beaucoup trop aliasés.
Chutes fréquentes de framerate.
Un sound design agaçant.
La répétitivité globale du jeu dans ses énigmes, ses musiques ses décors et ses puzzles.
Un scénario classique sans surprise.
Une durée de vie de moins de trois heures (heureusement ?)
4

Article de El_Rocco

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